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Posts Tagged ‘Pesticides’

Nous apprenons dans l’édition de Sud Ouest daté du 17 janvier que:

Yannick Chénet, 45 ans, viticulteur à Saujon (Charente-Maritime) s’est éteint samedi soir des suites d’une leucémie reconnue comme maladie professionnelle par la Mutualité sociale agricole. Il avait notamment témoigné dans le film « Severn » de Jean-Paul Jaud sur le danger des pesticides.

Dans ce long métrage, Yannick Chénet livrait un témoignage poignant sur sa maladie : « Les produits qui m’ont empoisonné et ceux qu’on me donne pour me guérir sont fabriqués par une seule et unique firme. »

Cela fait déjà le 2ème cas d’empoisonnement aux pesticides que nous relatons ici. Il est vrai que la viticulture est le secteur agricole qui consomme le plus de pesticides.

Cela ne nous concerne certes pas directement à Ma Cantine Bio mais ce cas tragique montre simplement que les 1ères victimes des intrants chimiques sont les agriculteurs eux-mêmes.

Il est donc urgent de bannir ces substances mortelles de nos champs.

Merci à Béatrice Jaud pour nous avoir informé de cet article.

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Le Journal de l’Environnement se fait l’écho de l’étude menée par Générations futures (GF ex-MDRGF) et le réseau européen Heal dans le cadre de leur campagne Environnement et Cancer et dont les résultats ont été publiés aujourd’hui.

Les résultats sont impressionnants: 81 polluants, incluant des cancérigènes et des perturbateurs endocriniens, retrouvés sur une journée dans un menu type confectionné à partir de produits agricoles non bio.

Pesticides et PCB sont les polluants les plus fréquemment retrouvés (44 résidus respectivement)… Des résidus de pesticides interdits en France ont été détectés dans les fruits, légumes et céréales [tous importés, ndlr] comme la pomme (Brésil), les tomates (Italie), le riz (Asie) ou les haricots verts (Kenya). Même le pain ne sort pas blanchi de l’analyse avec la présence de pesticides.

Les conclusions de l’étude indiquent que réduire ces polluants passent par le développement de l’agriculture biologique mais pas seulement. Il n’empêche. Commençons par réduire les pesticides dans l’agriculture et on aura ôté une bonne part des polluants alimentaires.

Pour en savoir plus sur cette étude: Menus toxiques

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Un article trouvé sur le site La Vie.fr nous informe qu’un agriculteur vient de faire reconnaître ses graves troubles de santé – il a été plusieurs fois dans le coma – comme « maladie professionnelle » par le tribunal des affaires sociales de Charente, puis par la cour d’appel de Bordeaux, dans un jugement rendu le 29 janvier 2010. Il avait en effet inhalé un pesticide Monsanto en 2004.

Pour François Lafforgue, son avocat, dont le cabinet est spécialisé dans les affaires d’environnement et de santé publique : « C’est la première fois en France qu’une cour d’appel établit un lien direct entre un produit phytosanitaire bien déterminé et des troubles de la santé. Cela peut faire jurisprudence ».

On voit bien ici que ce sont les agriculteurs les premières victimes de l’usage des produits phytosanitaires. Donc en militant pour l’introduction massive de produits bio on encourage les agriculteurs à se sortir du processus infernal qui les oblige aujourd’hui à utiliser les pesticides et autres intrants chimiques.

Pour en savoir plus sur l’usage des pesticides par les agriculteurs, vous pouvez lire le témoignage d’un agriculteur reçu par Ma Cantine Bio.

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Suite à la parution de l’article intitulé ‘Réduire la consommation de pesticides c’est possible’ nous avons reçu de nombreux commentaires de Samuel Génissel, un jeune agriculteur normand.

Nous en avons publié 2 mais j’ai souhaité publié le 3ème sous forme d’article car il témoigne des difficultés que peut rencontrer un jeune agriculteur pour diminuer sa consommation de pesticides. Je lui cède la parole:

Génissel Samuel, 31 ans

Je suis installé depuis sept ans en Normandie, sur une ferme laitière et céréalière. Je possède 45 vaches Normandes pour 260 000 litre de lait. Les mâles sont finis en boeuf, les femelles renouvellent les vaches soit 130 bovins à l’année (car les femelles et les boeufs sont élevés sur 30-36 mois).

La surface que je valorise est de 113 Ha avec 73 ha de culture (blé, 30Ha – maïs, 13,5 ha – orge, 12 Ha – tournesol, 10 Ha – luzerne, 8 Ha), 38 ha en prairies ainsi que 2 ha de verger pomme à cidre. J’ai un Bac s option écologie et un BTS Acse et fait des stages en Irlande et aux Pays Bas.

Dès mon installation, après un traitement contre le piétain-verse (1) j’ai eu envie de vomir, alors j’ai arrêté. L’année suivante Arvalis (2) déconseillait l’usage systématique de ce traitement, de rigueur à l’époque.  Cela m’a rassuré alors j’ai repris le traitement en diminuant les quantités. J’avais déjà changé de pulvérisateur et le vendeur a conseillé de diminuer de 15% les doses car il était plus précis (le débit des buses se fait électroniquement et s’adapte à la vitesse).  En même temps j’ai arrêté les insecticides aériens, j’ai aussi arrété le raccourcisseur sur le blé grâce à un choix variétal et un décalage de l’apport d’azote

Mais pour ce faire il a fallu que je change mon assolement (3).  J’ai remplacé les pois par de la luzerne et le colza par le tournesol. La luzerne se désherbe rarement, la fauche suffit pour l’instant. Donc avec 6 ans de recul, zéro traitement. Quant au tournesol il demande juste un ou deux désherbages, mais son rendement est moindre. Je ne traite pas contre les pucerons du blé, orge ou tournesol car les dégâts (en Normandie) ne justifient pas le traitement. Le colza et les pois demandent au moins 3 insecticides et 2 désherbants et au moins un fongicide, pour rendre correctement. Il vaut mieux choisir des variétés un peu plus rustiques plutôt qu’un rendement qu’on n’atteint jamais.

De manière à valoriser les désherbants et fongicides (donc de diminuer les doses de 15 %), le mieux c’est d’avoir des hygrométries de 80% pour que la plante les absorbe (il y en a qui traitent le matin moi avec la traite je préfère le soir, donc pas de film ou internet au printemps). Le premier fongicide pourrait être remplacé par une sorte de vaccin à base d’algue. Je ne le fais pas encore. D’autres types de fongicides limitent de 20 à 30% la pression fongicide tout en apportant un engrais foliaire (j’essaye mais c’est cher).

J’ai deux points plus compliqués. Le premier concerne le traitement de semences contre les insectes qui les mangent. On peut le limiter sérieusement mais pas sur toutes les cultures de la rotation.

Le deuxième point ce sont les désherbants. Il faut maintenir la pression car si on laisse germer des chardons, des rumex des gaillets, des folles avoines on en a pour cinq ans à traiter plus ou à laisser le champ s’envahir.

Au final c’est plus de boulot (faut être réactif au temps, au vent, à la température, à l’hygrométrie) pour le même prix de vente.

Les labos vont gérés les fongicides et peut-être les insecticides (pièges) avec des composés naturels s’il y a de l’argent à ce faire. Mais honnêtement si il y a une chose pour laquelle je ne serai pas bio (avec le soin sur mes vaches. 2 interventions c’est trop peu. J’ai trop de parasites et maladies présentes) c’est arrêter de désherber. Les champs ce salissent très vite. Mes voisins bio laissent leurs champs se salir. Les éleveurs qui ont peu de céréales font le tour avec un sécateur et coupent les adventices (mauvaises herbes à notre production, car très envahissantes) à 5 personnes pour dix hectares. Hormis des immigrés personnes ne fera ce boulot et le coût de la main d’œuvre ne permet pas à mes voisins de le faire (hormis les éleveurs laits bio en grosses structures avec peu de céréales).

Mais dans le sud c’est plus facile car la pluviométrie plus faible limite les adventices (et les rendements) et le développement des parasites et maladies.

Par contre, réduire les produits phytosanitaires pourraient permettre comme pour les antibiotiques de limiter les résistances. Mes voisins ont des résistances à l’isoproturon (vieux désherbant blé) mais pas moi.

La lutte intégrée est dix fois plus complexes que mes pratiques. Il ne suffit pas d’arrêter de traiter. Il faut une connaissance très technique du milieu et des végétaux choisis comme la bande enherbée ou les haies le long des parcelles.

Je m’impose mes objectifs mais honnêtement j’aurai du mal à dire : faite comme moi, pour ce qu’on y gagne (économiquement). Mais il reste beaucoup de pistes à valoriser. On n’exploite aucunement les phéromones, les répulsifs limaces (validés en AB), ou l’utilisation de bactéries (non modifiés) comme parasites de certains insectes, voire la maladie cryptogamique. Avec un peu moins de généticiens et un peu plus d’écologue/agronome, la transition serait plus facile.

Honnêtement si vous voulez une agriculture écologique, faut vraiment commencer par l’exception alimentaire qui protégera autant les pays du sud que du Nord. Lula (4) et Chirac (ce n’est pas partisan) l’on déjà proposé car le meilleur moyen de garantir des pratiques plus écologistes c’est de maintenir une économie durable et un maximum d’acteurs agricole (de paysans). Car plus on a d’espace à gérer plus on simplifie le système, moins il est écologique.

(1) Maladie fongique des céréales (NDLR)

(2) ARVALIS-Institut du végétal, Institut de recherche appliquée en agriculture, met au point et diffuse des informations et des techniques permettant aux producteurs de céréales à paille (blé, orge, avoine, triticale, seigle, sorgho …), de protéagineux (pois, féverole, lupin), de pomme de terre, de maïs et de fourrages, de s’adapter à l’évolution des marchés agro-alimentaires et de rester compétitifs au plan international, tout en respectant l’environnement (NDLR)

(3) Rotation des cultures (NDLR)

(4) Président de la république du Brésil (NDLR)

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Nous prenons connaissance sur les sites Actu-environnement et Novethic des conclusions d’une étude conduite par l’INRA dans le cadre du plan Ecophyto 2018 qui vise à réduire l’usage des produits phytosanitaires.

Mis en place par le Grenelle de l’Environnement, le plan Ecophyto 2018 vise une réduction de 50 % des produits phytosanitaires d’ici huit ans  »si possible » et le retrait progressif du marché des produits contenant les 53 substances actives les plus préoccupantes. L’étude conduite par l’INRA vise à montrer comment mettre en oeuvre cet objectif.

Tout d’abord quelques faits remarquables cités dans ces articles:

– Les pesticides ont atteint leur courbe maximale d’efficacité puisque « les pratiques intensives, qui utilisent près de 50 % de pesticides en plus que la moyenne française ont des gains de production modérés (5 % pour les grandes cultures). »

– La baisse du tonnage des pesticides utilisés est trompeuse et ne peut être prise en compte pour souligner un quelconque effort pour diminuer leur usage car les doses ont été concentrées. La FNE rappelle ainsi que le chiffre d’affaires de l’industrie phytosanitaire est lui, en augmentation constante (2,086 milliards d’euros sur la campagne agricole 2007/2008 contre 1,863 pour 00/01).

Le respect de l’engagement du Grenelle passerait donc, selon l’étude, par une généralisation de la production intégrée. La production intégrée est une combinaisons de mesures agronomiques prophylactiques associée à un raisonnement des successions de cultures.

Cela correspondrait à une diminution de la pression pesticides de 50 % en grandes cultures, de 37 % en vigne, de 21 % en arboriculture et une suppression de tous les traitements sur les prairies pour des baisses de production respectives de 12 %, 24 % et 19 %. Soit une perte de 3,5 milliards d’euros (sur la base de 2006), à relativiser car 1,9 milliard est imputable à la viticulture, où le lien entre rendements et recettes n’est pas automatique. De plus, la diminution du recours aux pesticides s’accompagne d’une baisse des charges pour les producteurs.

Autrement dit on peut déduire de cet article que si les agriculteurs voyaient leur rendements baissés il n’est pas évident que cela impliquerait ipso facto une baisse de leurs revenus contrairement à ce que laisse croire l’article d’Actu-environnement. On peut penser au contraire qu’ils pourront vendre leur production à un meilleur prix face à la grande distribution. Il est probable également que l’on cesserait de voir les camions de fruits ou de lait se déverser chaque année devant les supermarchés à cause de prix d’achats dérisoires. La baisse des rendements limitera les risques de surproduction dont profite la grande distribution.

De même les charges des agriculteurs diminueront dramatiquement suite à la diminution de l’usage de pesticides. Au total « il est possible de réduire de 37 à 62 % le recours aux pesticides en augmentant la marge brute ».

Les agriculteurs ayant tout à y gagner financièrement, la baisse de l’usage des pesticides est bien une question de volonté politique et reviens à se poser la question suivante: est-on prêt à payer le vrai prix pour les produits agricoles plutôt que financer l’industrie agro-alimentaire avec des produits agricoles subventionnés et vendus à bas prix.

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le 6ème Prix La Recherche récompense cette année les travaux d’une équipe du centre d’immunologie de Marseille-Luminy – Inserm-U631, CNRS-UMR 6102. Ils concernent le lien entre exposition aux pesticides et un certain type de cancer du système immunitaire.

Selon cette étude  »les agriculteurs exposés aux pesticides présentent un risque accru de développer un lymphome folliculaire ».

Pour ceux qui entendent la biologie il y a une interview du chercheur récompensé sur le site actu-environnement.

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Dans un article trouvé sur leur site internet, la FAO (Food and Agricultural Organisation, une agence de l’ONU) nous rappelle quelques vérités élémentaires sur les pesticides. Rédigé pour les enfants cet article va droit au but et ne s’embarrasse pas de langue de bois.

Qu’y apprend-on?

Que les pesticides empoisonnent les terres mais aussi les hommes qui y vivent. La FAO intervient principalement dans les pays en développement. Elle fait donc allusion aux « communautés » dans des pays  où les agriculteurs ne sont pas formés à l’usage des pesticides et en font un suremploi très dangereux pour eux-mêmes et l’environnement.

La FAO prône la protection intégrée des cultures à partir des prédateurs naturels des ravageurs.

La protection intégrée se sert de ces prédateurs naturels pour protéger les cultures. Elle ne supprime pas forcément tout recours aux pesticides, mais le limite au strict minimum. Les pesticides ne sont utilisés que lorsque leur rentabilité est démontrée, et qu’ils n’auront aucun effet nuisible sur la santé de la collectivité et l’environnement.

Que les pesticides n’ont aucun sens économiquement. Ils coûtent plus chers qu’ils ne rapportent.

L’argent supplémentaire tiré des meilleures récoltes engrangées grâce aux pesticides ne réussit pas à couvrir le coût des pesticides!

En conclusion la FAO prône le développement de l’agriculture biologique.

La FAO travaille avec des organisations de recherche et de développement dans le monde entier pour offrir un soutien aux agriculteurs bio. Elle a lancé des projets pilotes pour tester et promouvoir les techniques bio dans plusieurs pays.

Qu’attend-on en France pour montrer l’exemple?

Il va de soi que si l’usage des pesticides est si répandu dans les pays en développement c’est par mimétisme envers le modèle des grands pays agro-industriels occidentaux dont la France fait partie.

Certes en France les agriculteurs se protégent avec des combinaisons étanches lorsqu’ils épandent des pesticides.

En revanche eux aussi sont impactés par le coût croissant des pesticides. Si les agriculteurs manifestent quand leurs revenus baissent c’est parce que leurs dépenses (de pesticides et engrais de synthèses notamment) sont incompressibles.

Comment faire?

Le Danemark peut nous servir d’exemple. Un article trouvé sur Goodplanet.info nous apprend que ce pays a lancé un programme de réduction de l’usage des pesticides dès les années 80 et qu’il a ainsi réduit son usage des pesticides de moitié en 20 ans.

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