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Archive for the ‘Etudes sur le bio’ Category

L’agriculture biologique est en général plus profitable que l’agriculture conventionnelle. C’est la conclusion d’un article publié par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture en 2009 et dont le Centre d’Agriculture Biologique du Canada relaie les conclusions. L’auteur, Noémi Nemes (1), a examiné les résultats de plus de cinquante études qui comparaient l’économie des agricultures biologique et conventionnelle.

Aux États-Unis et en Europe, les fermes biologiques sont généralement plus profitables que les fermes conventionnelles à cause des prix plus élevés pour les produits biologiques et/ou du moindre coût des intrants. Dans les pays en développement, la marge de profit est plus grande pour les fermes biologiques parce qu’elles ont de meilleurs rendements et obtiennent des prix plus élevés comparativement aux fermes non biologiques.

On dispose de peu de statistiques en France sur ce sujet mais les quelques études qui ont été menées tendent à corroborer la tendance identifiée au niveau mondial par la FAO. C’est le cas notamment de l’étude menée chaque année par la Chambre d’Agriculture Régionale des Pays de la Loire. Cette étude compare les revenus pour chaque catégorie d’agriculteurs entre exploitations bio et non bios. Novethic dans un article de septembre 2011 a lu cette étude et en conclut que dans cette région qui se place au 2ème rang français en termes de surface, les agriculteurs bio (tous secteurs confondus) ont eu en moyenne un résultat annuel de * 33 178 € contre 21750 € pour leurs collègues conventionnels du Maine et Loire. Pour les producteurs de lait bio par exemple, le prix du lait payé est resté stable aux alentours de 430€/1000L contre 290€/1000L pour le lait conventionnel, précise l’étude. Ce qui leur assure un résultat de 25 365 € contre 12 325€ pour leurs collègues.

L’étude de la FAO explique ce phénomène par plusieurs facteurs.

Les coûts de production sont généralement moins élevés pour les fermes biologiques. La plupart des études européennes ont montré que les frais d’exploitation variables sont de 60 à 70 % moins élevés en agriculture biologique, mais que les coûts fixes sont plus élevés en comparaison des fermes conventionnelles. Dans l’ensemble, les coûts totaux de production des fermes biologiques sont moindres.

Des marges brutes supérieures. La plupart des études européennes et canadiennes ont révélé des marges brutes similaires ou supérieures pour les fermes biologiques. Les fermes biologiques ont des rendements inférieurs, mais cela est compensé par des frais d’exploitation plus bas et de meilleurs prix pour les produits biologiques.

L’auteure de la FAO montre que la comparaison de la rentabilité entre agriculture industrielle et agriculture biologique est faussée par les interventions gouvernementales. Dans la plupart des pays, les politiques gouvernementales procurent des bénéfices plus avantageux aux fermes conventionnelles. Les subventions sont pour la plupart conçues pour la production agrochimique intensive et à grande échelle, et génèrent des prix artificiellement plus bas pour les produits conventionnels. Une étude américaine, par exemple, a montré que « sans ces subventions gouvernementales, les rendements financiers en production biologique étaient de 143% supérieurs à ceux de la production conventionnelle, et que, quand les paiements gouvernementaux étaient pris en compte, les bénéfices engendrés par la production biologique étaient « seulement » de 78 % supérieurs aux bénéfices de la production conventionnelle.

De surcroît la profitabilité, mentionne Nemes, va au-delà du bilan financier. L’agriculture comprend plusieurs coûts environnementaux, sociaux et sanitaires qui ne sont pas factorisés dans les équations de base du calcul des profits et pertes. Les coûts environnementaux incluent les dommages causés par l’érosion du sol, la pollution de l’eau et la destruction des habitats fauniques. En général, l’agriculture conventionnelle contribue davantage à ces problèmes mais n’en paie pas les coûts associés, encourus par l’ensemble de la société.

En conclusion l’auteure explique que

“L’agriculture biologique fait face à une compétition non équitable sur les marchés à cause de:

L’effet de distorsion des programmes actuels de subvention qui favorisent la production conventionnelle;

L’accès inégal aux services de vulgarisation et de recherche;

L’échec à comptabiliser les vrais coûts environnementaux, sociaux et sanitaires dans les prix des aliments conventionnels sur les marchés. »

Si les subventions et les services de vulgarisation étaient moins biaisés en faveur de la production conventionnelle, les rendements en production biologique pourraient augmenter et l’agriculture biologique deviendrait encore plus profitable. Si les coûts actuels (p.ex. les conséquences environnementales, sociales et liées à la santé) de l’agriculture étaient pris en compte, la vraie profitabilité de l’agriculture biologique pourrait être mesurée.

(1) Nemes, Noémi. 2009. “Comparative analysis of organic and non-organic farming systems: a critical assessment of farm profitability.” Food and Agriculture Organization of the United Nations. Natural resources management environment department.

ftp://ftp.fao.org/docrep/fao/011/ak355e/ak355e00.pdf

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Une étude publiée en septembre 2012 par l’Agence Bio montre que l’agriculture biologique est plus riche en emplois que l’agro-industrie (ou agriculture traditionnelle). 

Selon le recensement agricole 2010 : en 2009/2010 les exploitations bio génèrent plus d’emplois que les exploitations conventionnelles : 2,4 Unités de Travail Annuel (UTA10) en bio contre 1,5 en moyenne. Le contenu en emploi des exploitations bio est donc de 62,5% supérieur à la moyenne générale (et non de 59% comme l’indique l’étude assez étrangement..). En comparant le taux d’emploi dans la bio avec la moyenne générale (et non avec la moyenne des exploitations conventionnelles) l’étude minore la différence réelle entre le taux d’emploi dans les 2 modes de production agricole. La moyenne générale est plus forte que la moyenne des exploitations conventionnelles puisqu’elle est réhaussée par la moyenne des exploitations bio.
En conséquence, les fermes bio emploient nettement plus de travailleurs salariés : 43% du temps de travail annuel contre 27% en conventionnel. Le quart du temps de travail en exploitation bio est effectué par des salariés permanents contre 17% en conventionnel. Par exemple, dans les systèmes de polyculture/élevage 2,2 UTA salariées sont employées en moyenne en bio contre 1,3 UTA en élevage conventionnel.
Ceci s’explique aisément par le fait que les agriculteurs conventionnels ne travaillent plus la terre mais se contentent de semer, pulvériser (pesticides et engrais chimiques) et récolter. Un tel travail est hautement mécanisable et demande donc peu de main d’oeuvre. L’agriculture biologique demande plus de travail à la terre pour lutter contre les nuisibles, prévoir les rotations de cultures….
On comprend donc que le réservoir en emplois dans l’agriculture biologique est immense. On se demande donc bien ce que le gouvernement et l’Europe attendent pour décréter la fin de l’agro-industrie et la conversion progressive mais généralisée de l’agriculture européenne au biologique.

On apprend aussi au passage dans l’étude que dans les cantines scolaires « la Bio progresse plus vite dans les établissements en gestion directe. » 

 La part des établissements introduisant des produits bio progresse cette année sensiblement plus en gestion directe (+ 15 points) qu’en gestion concédée (+ 1 point).

Je n’ose croire que les sociétés de restauration collective freineraient les velléités des communes en matière de bio… Je pense plutôt que les communes qui gèrent les cantines en direct sont plus enclines à favoriser le bio dans les menus car elles considèrent la cantine scolaire comme un vrai service public.

Pour télécharger l’étude de l’Agence Bio: LA BIO 2011-2012 : quelques repères

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Laurence Reversin est parent d’élèves à Ermenonville et Montagny-Sainte Félicité où elle suit particulièrement le dossier du bio à la cantine.

Elle a produit une présentation sur ‘Pourquoi introduire le bio dans les cantines‘ qui vaux la peine d’être lue et diffusée très, très largement.

Pour la télécharger c’est ici: Présentation pour le bio à Ermenonville.

Merci à Laurence pour son travail.

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L’Association de PROmotion de l’agriculture BIO (AProBio) du Nord a créé un guide d’aide à l’introduction des produits bio dans la restauration scolaire que vous pouvez télécharger en cliquant ICIExtraits:

Les avantages de la restauration collective bio : rassurer les parents, éduquer les enfants et valoriser le territoire.

• La commande publique, dans le cadre de pratiques éco-responsables, est un levier d’action primordial

• Le recours à des associations à caractère professionnel permet de dépasser les difficultés inhérentes au renouvellement des pratiques de la restauration publique

• L’Agriculture biologique, une pratique réglementée et labellisée

Pour en savoir plus:

A PRO BIO

Association de PROmotion de l’agriculture BIO

4 rue Dormagen 59350 la Madeleine

Tél : 03 20 31 57 97


					

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Un enseignant-chercheur de l’IUT de Tarbes nous a communiqué l’article qu’il a publié dans le cadre d’un programme de recherche financé par l’INRA et la région Midi-Pyrénées. Vous pouvez le télécharger ICI.

Cette étude avait pour but d’examiner l’impact que « l’introduction de produits issus de l’agriculture biologique peut avoir sur les croyances et les comportements des parents d’élève.  » Elle n’élude pas les difficultés méthodologiques liées au fait que beaucoup de résultats dépendent de réponses données par les enfants eux-mêmes.

Nous avons extraits quelques conclusions intéressantes:

Introduire le bio dans les cantines a un impact sur le comportement des parents vis-à-vis du bio

L’introduction du bio à la cantine est donc un moyen pour augmenter de façon significative les croyances positives envers le bio, la connaissance subjective et les fréquences d’achat de produits biologiques.

Assez logiquement cet impact est d’autant plus fort que l’introduction de produits bio est régulière plutôt que ponctuelle.

75,2% des parents affirment n’avoir jamais entendu parler ni d’introduction de produits bios ni d’animation dans l’établissement de leur enfant lorsque l’introduction est occasionnelle contre seulement 5,5% lorsqu’elle est régulière, qu’il y ait ou non des animations proposées.

Et plus le bio apparaît régulièrement dans les cantines plus les parents deviennent acheteurs de produits bio:

les parents dont les enfants ont eu régulièrement des produits bios à la cantine sont significativement plus nombreux à figurer dans la catégorie des acheteurs réguliers (34% de plus).

Plus intéressant: les enfants consommant régulièrement des produits bio à la cantine deviennent prescripteurs de produits bio dans leur famille.

21,2% des enfants ayant eu des produits bios dans leur cantine demandent des produits bios à leurs parents.

La demande des parents pour des produits bio à la cantine est très forte:

84,1% des parents enquêtés (enquête cantine) aimeraient qu’il y ait plus souvent de produits biologiques dans les repas proposés à la cantine de leurs enfants.

Et ces derniers sont prêts à payer plus pour cela

66,8% des parents affirment être prêt à payer plus pour que leurs enfants aient du bio à la cantine.

La question du surcoût des produits bio n’est pas éludée mais il ressort de l’étude qu’elle peut être minorée si l’on laisse les professionnels s’en occuper et si les pouvoirs publics recensaient les meilleurs pratiques et les diffusaient.

Ainsi, dans un des établissements étudiés le chef de cuisine a-t-il affirmé avoir un coût matière de 1,74 euros pour le bio contre 1,65 pour du conventionnel.

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