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Posts Tagged ‘circulaire du 3 décembre’

Nous traiterons ici de l’éternelle question du prix du bio qui nous est opposée constamment par les adversaires (ou mal-informés) du bio.

Pour y répondre il convient de distinguer le surcoût (réel) des PRODUITS BIO de l’absence possible de surcoût du REPAS BIO. Les produits bio ont une valeur faciale (en général) plus élevée que les produits conventionnels équivalents mais le repas bio, lui, peut être constitué à prix équivalent voire inférieur au repas conventionnel. En d’autre termes les produits bio coûtent plus chers mais manger bio NE coûte PAS plus cher où (plutôt) ne doit pas coûter plus cher. La distinction est selon moi fondamental si l’on veut faire avancer la cause bio.

Le Dr Lylian Le Goff le montre bien dans son livre ‘Manger bio c’est pas du luxe’, éd. Terre Vivante, où il donne des exemples concrets de coûts de menus.

Cela veut dire qu’au niveau de l’argument il faut avancer en 2 temps.

1) Commencer par expliquer pourquoi les produits bio sont en général plus cher: moindre productivité à l’ha, coûts de main d’oeuvre plus élevés… L’objectif est de démonter l’argument selon lequel le bio serait abusivement trop cher. Certains, dont je fais parti, dise également que l’agriculture conventionnel (ou xénobiotique !!!) bénéficie de 10mds d’euros de subvention de la part de Bruxelles et donc le consommateur paie une partie de ses produits agricoles dans ses impôts. L’agriculture bio elle bénéficie de 30m d’euros d’aide à la conversion.

Mais il ne faut pas s’arrêter là. Il faut enchaîner ensuite par une 2ème partie de l’argument qui consiste à:

2) Expliquer que par une recomposition des menus on arrive à maintenir un prix équivalent du repas.

On l’a vu: à composition de menu égale le menu bio restera encore plus cher. Il faut donc revoir la constitution des menus bio pour en diminuer le coût. Et inévitablement cela revient à réduire les rations de protéines animales (également très coûteuses sur le plan environnemental..) et leur substituer des protéines végétales. Cet argument peut être difficile à faire passer. Mais quand vous parler avec des diététicien(ne)s y compris les diététien(ne)s des sociétés de restauration collective ils ne peuvent qu’être d’accord avec vous. Pour un apport nutritionnel égal on peut réduire drastiquement la quantité de viande dans les menus.

Le fait que l’on mange trop de viande en France est avéré et prouvé. Mais pour la 1ère fois peut-être cela a été accepté et les leçons en ont été tirées au plus haut niveau de l’état puisque une circulaire du premier Ministre du 3 décembre 2008 recommande explicitement de réduire les rations de viande dans les menus des restaurants collectifs de l’Etat.

Il existe donc plusieurs leviers à actionner pour faire changer l’opinion des parents hostiles aux repas sans viande (où avec moins de viande). D’abord cette baisse peut-être modulée. Il ne s’agit pas de supprimer la viande des menus mais réduire les grammages par plat ou introduire des menus végétariens plus fréquents. Pour cela on peut s’appuyer sur les diététiciens qui travaillent dans les mairies et les sociétés de restauration collective. Ensuite vous pouvez arguer de la directive du 3 décembre 2008 pour, si ce n’est convaincre tous les parents, convaincre le maire de la justesse de votre opinion.

En tout état de cause passer au bio nécessite un travail pédagogique important auprès des parents comme des enfants pour faire accepter ce changement et garantir sa pérennité dans le temps.

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Toujours dans la foulée du Grenelle de l’Environnement le Premier Ministre détaille l’action de l’Etat par la Circulaire du 3 décembre 2008 relative à l’exemplarité de l’Etat au regard du développement durable dans le fonctionnement de ses services et de ses établissements publics

Cette circulaire précise la politique d’achat de l’Etat et est on ne peut plus claire.

Les dépenses que l’Etat consacre annuellement à son fonctionnement courant dépassent les quinze milliards d’euros dont dix milliards d’euros pour les achats courants et cinq milliards d’euros pour les achats dits métiers . Ces dépenses doivent être désormais faites dans une approche de développement durable.

Les dépenses de fonctionnement des administrations peuvent, en effet, apporter une contribution significative face aux défis environnementaux et sociaux que nous devons relever. L’utilisation de ce levier permettra d’assurer une plus grande efficacité des politiques sectorielles en faveur du développement durable. Il s’agit aussi d’une question de responsabilité et de crédibilité. L’Etat ne peut ignorer dans sa gestion quotidienne les objectifs de développement durable qu’il souhaite voir prendre en compte par les entreprises et les consommateurs. En outre, cette orientation des dépenses de fonctionnement doit contribuer au soutien des écoproduits et des écotechnologies qui constituent un facteur important pour promouvoir une économie hautement compétitive et innovante.

Mais pour ce qui nous concerne le plus intéressant se trouve dans les fiches d’application qui détaillent l’action en mener en matière d’achats dans chaque famille de produits. Nous étudierons plus précisément la fiche no5 qui traite de l’Alimentation.

Cette fiche rappelle les objectifs fixées par la circulaire du 2 mai 2008 à savoir l’introduction de 15% de produits bio dans la restauration collective en 2010 et 20% en 2012.

On peut lire sur cette fiche les préceptes suivants:

cibler prioritairement les produits certifiés agriculture biologique présentant les surcoûts les plus faibles (fruits et légumes de saison, pain et produits à base de céréales).

Instruction de chaque ministre à son cuisinier, au directeur compétent (restauration collective, distribution automatique) et aux autres directeurs (réceptions, conférences) pour introduire dans les cahiers des charges une part déterminée et croissante de denrées et produits alimentaires certifiés agriculture biologique .

Mais surtout et cette ligne est peut-être la plus importante à nos yeux:

Viande : diminuer la ration moyenne (92,5 kg/an pour la France) au niveau de la ration européenne (88 kg/an).

On voit là l’effort important qu’il reste à faire dans notre pays pour diminuer la ration de viande dans les menus quotidiens. Cela conforte notre position: manger bio c’est manger moins de viande.

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