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Nous publions in-extenso la lettre envoyée par l’association de parents d’élèves ‘Chouette c’est bio’. Nous soutenons bien sûr cette initiative et vous recommandons de signer l’appel en faveur du bio dans les cantines de Dijon: Je signe l’appel

Monsieur le Maire,

Monsieur le Président de la Communauté de l’agglomération dijonnaise,

Mesdames et Messieurs les élus,

Il y a quelques années, notre ville faisait partie des premières à avoir proposé des denrées bio dans ses menus. Aujourd’hui, la proportion semble bloquée à 10% de bio dans les commandes et nous avons constaté cette stagnation depuis plus d’un an.

Après avoir rencontré Madame Dillenseger, adjointe aux affaires scolaires, nous avons compris que vous n’avez pas prévu d’augmenter la part de ces produits à court, moyen ou long terme.

Or, plus de 1200 personnes ont répondu, à ce jour, à l’appel pour des cantines bio, locales et de saison, dans le Dijonnais lancé par l’association de parents « Chouette, c’est bio! » sur son blog (http://dijoncantinebio.blogspot.fr/).

Nous habitons une région où la gastronomie est une fierté, et, en tant que parents et consommateurs, nous sommes convaincus qu’il est possible de proposer à nos enfants des produits frais, locaux, de saison et sans résidus de pesticides ou adjuvants(exhausteurs de goût, conservateurs, colorants, phtalates, bis-phénols, perturbateurs endocriniens, etc.) tout en étant conscients qu’une telle perspective mérite réflexion et concertation.

Notre préoccupation pour la santé de nos enfants est forte car l’aliment, s’il est un plaisir, est aussi “notre première médecine” (Hippocrate).

Nous savons que le bio sans surcoût est possible à la cantine.

Cela nécessite un mise en place progressive en s’appuyant sur les compétences locales.

Autour de nous, de nombreuses villes ont compris l’intérêt de cette démarche et se sont engagées dans un développement constant d’années en années :

la ville de Rome sert 155 000 repas bio par jour et de nombreuses villes en France sont déjà engagées dans cette voie, telles que Saint-Etienne, Toulouse, Bordeaux, Charleville-Mézières, Lorient, Barjac, Mouans-Sarthoux, et plus près de nous Auxerre, Lons-le-Saunier et Plombières-les-Dijon.

Pourquoi pas Dijon ?

À l’heure où les appels d’offre sont en passe d’être renouvelés pour 4 ans, nous souhaitons, conformément aux préconisations du Grenelle de l’environnement, que vous engagiez les cantines scolaires de Dijon dans cette démarche d’excellence sociale, sanitaire et environnementale.

76% des français pensent qu’il n’y a pas assez de bio dans les cantines. (06/11 IFOP)

La France s’est engagée à introduire 20% de produits biologiques dans les cantines scolaires à l’horizon 2012. (Grenelle)

François Hollande a proposé dans son programme un objectif de 40% de produits locaux dans la restauration collective.

Pour toutes ces raisons, et celles développées en annexe de cette lettre, nous souhaitons voir se mettre en place dans les cantines scolaires de Dijon et de son agglomération, une alimentation issue de l’agriculture biologique locale, car c’est la seule qui offre des garanties pour la santé de nos enfants et notre cadre de vie.

Rien ne doit être négligé pour protéger la vie de nos enfants et la rendre meilleure.

- « La vie, fragilité tel est ton nom » -

Voici nos attentes :

Il est de votre responsabilité d’élu:

- de mettre en œuvre un plan pluriannuel de passage au bio, local et de saison de la cuisine centrale,

- de mettre en chantier le projet de territoire qui l’accompagne nécessairement, à l’échelle de la ville, de l’agglomération, et de l’impulser en concertation avec le Département et la Région afin de donner à la filière bio les moyens et les outils favorables à son développement (incitations aux conversions, aux installations, accès aux terres, légumerie),

- de s’appuyer à court et moyen terme sur la production locale pour passer au bio les légumes, les fruits et les laitages,

- de lancer la réflexion sur l’équilibre alimentaire et économique que nous évoquons en annexe,

- de mettre en place un plan de communication et de sensibilisation du personnel de cuisine, du personnel éducatif, des enfants et des parents,

- de mettre en place une commission de suivi des menus ouverte aux parents, concernant la cuisine centrale et concernant les goûters du périscolaire.

Dans cette perspective, notre ville encore « plus douce à vivre » prouvera sa démarche environnementale exemplaire et son intérêt pour la santé de ses enfants et des générations futures. Son image ne pourra qu’en ressortir valorisée et grandie !

Tout en vous remerciant de bien vouloir porter attention à une préoccupation partagée d’après enquête par 76% des français, nous vous prions, Monsieur Le Maire, Mesdames et Messieurs les élus, d’agréer l’expression de notre haute et sincère considération.

Association “Chouette, c’est bio!”

Avec la signature et le soutien de

Isabelle AUTISSIER, Présidente du WWF France

Serge ORRU, Directeur du WWF France

Lylian Le GOFF, médecin-environnementaliste

Gilles-Eric SERALINI, président du Conseil Scientifique du CRIIGEN

Jean-Paul JAUD, réalisateur du film « Nos enfants nous accuseront »

Hugues TOUSSAINT, président de l’association Bioconsomacteurs Association UFC-Que choisir Côte-d’Or

Comme je l’ai écrit sur ce blog à la fin de l’année scolaire 2011, le compteur en produits bio de la ville de Rueil était resté bloqué à la rentrée dernière au niveau atteint à la rentrée 2011. Nous alertâmes la ville de cet état de fait en les confrontant avec les objectifs annoncés à la TV de Rueil. Sans réponse.

Le déclic s’est produit lors d’une rencontre informelle avec Denis Gabriel, adjoint au maire en charge des affaires scolaires, lors des Etats Généraux de l’Economie Sociale et Solidaire qui se sont déroulés à la Défense en décembre 2012. Je l’aborde en lui proposant de supprimer les repas 100% bio pour répartir le budget sur des composantes fruits et légumes. Notre proposition était de diminuer les quantités de viande bio au profit des fruits et légumes qui sont les plus exposés aux pesticides.

Puis le 10  février le comité de suivi du bio (composé de parents d’élèves) est convoqué en mairie centrale pour discuter avec la Sogeres de la refonte des menus en vue d’augmenter le nombre de composantes bio. Mr Gabriel nous explique que le  budget consacré au bio ne peut être augmenté et est bloqué à 20%. Finalement au terme d’un compromis 1 repas intégralement bio est supprimé et le budget dégagé reversé comme nous le demandons au profit des fruits et légumes bio.

Désormais les enfants des écoles de Rueil Malmaison ont 1 repas bio + 15 composantes bio par mois, soit 20% des composantes d’un repas.

Nous relayons ci-dessous l’appel de l’association dijonnaise “Chouette c’est bio” en faveur de l’introduction de produits bio lors du prochain appel d’offre de la cuisine centrale de Dijon.

Nous vous engageons vivement à signer cet appel en cliquant ICI. Merci.

Nous, parents d’élèves, consommateurs, agriculteurs, appelons nos élus et les responsables du monde agricole à s’engager et à porter haut et fort le projet de conversion au 100% bio, local et de saison des cantines de l’agglomération et en particulier de la cuisine centrale de Dijon.

Alertés par la place inquiétante des résidus de pesticides issus de l’agriculture conventionnelle et d’autres substances chimiques dans nos aliments (conservateurs, colorants, arômes artificiels, édulcorants, etc.), nous souhaitons que nos enfants bénéficient d’une alimentation saine, biologique, locale et de saison.

La ville de Dijon est passée de 2009 à 2010 de 2 à 9% de produits biologiques dans ses commandes. A ce rythme, il faudra encore 13 années pour arriver au 100% bio…

Comme s’y est engagée Saint-Etienne, 50% la première année, puis 60%, 70%, 80%, 90%, pour atteindre en 6 ans l’objectif de 100% de bio.

Pour les Stéphanois le prix du repas sera “en baisse de 10% de moins en moyenne et jusqu’à 23% pour les familles les plus modestes” (Source Terra Eco, Bio à la cantine ? Saint-Etienne dit “oui”, KARINE LE LOËT)

Passer au bio c’est aussi redynamiser localement nos campagnes, revaloriser le travail de la terre et préserver notre environnement. Si Dijon passe au bio c’est bon pour toute l’agglo !

Nous voyons chaque jour un peu plus disparaître le monde paysan, la qualité des produits que nous produisons ou consommons, en même temps que la qualité de l’eau, l’appauvrissement des sols, et de notre environnement.

La ville de Dijon doit montrer l’exemple et lancer l’impulsion au cœur du monde agricole local avec l’ambition de créer une véritable ceinture verte et nourricière.

Le développement de la filière bio locale ne pourra s’enclencher que grâce au signal fort que représente le volume d’1.100.000 repas annuels de la cuisine centrale.

Nous sommes convaincus que cette impulsion:

- sera favorable à la mise en place de la filière bio,

- sera bénéfique à la santé de nos enfants,

- permettra aux autres cantines de la région d’envisager leur conversion au bio.

Pour en savoir plus: Chouette c’est Bio

Une nouvelle dynamique en Rhône-Alpes pour la restauration collective !

Corabio, l’association des producteurs bio de Rhône-Alpes, en partenariat avec FL Conseil, accompagne, depuis juin 2011, 5 grandes entreprises de Rhône-Alpes afin de proposer une offre croissante de produits locaux bio dans le restaurant des salariés. Quelques mois après le lancement de l’opération, les volumes de produits bio locaux ont déjà quadruplé !

L’objectif du projet « Manger bio local en entreprise » consiste à atteindre 5 % de produits locaux bio au 1er anniversaire du projet, soit en juin prochain et 20 % d’ici 2014 dans chaque restaurant.

Pour en savoir plus: MANGER BIO LOCAL EN ENTREPRISE 13/04/2012

La commune d’Aleria en Corse fait un travail considérable en faveur du bio dans sa cantine scolaire grâce à l’action volontariste de Valérie Mermet, déléguée aux affaires scolaires à la ville. A la lecture des menus des 3 premières semaines d’avril c’est 50% de composantes bio qui sont proposées aux enfants.

On apprend beaucoup de choses sur cette action à la lecture d’un blog extrêmement complet: La Cantine Scolaire Bio d’Aleria.

On y trouve les menus de la cantine, des recettes et un descriptif détaillé de l’action de Mme Mermet. Mais ce qui m’a le plus frappé c’est l’importance de l’action pédagogique engagée par cette commune auprès des enfants pour leur faire comprendre l’intérêt de l’agriculture bio. Nous reproduisons intégralement le paragraphe consacré à ces actions pédagogiques. Voila un bel exemple d’engagement d’une commune en faveur du bio !!

Sensibiliser les plus jeunes à la nourriture Bio autour d’activités ludiques et pédagogiques.

Ainsi la municipalité pour cette nouvelle rentrée scolaire a mis en place avec le CIVAM (Centre Inter professionnel de Valorisation Agricole et Maraîchère) un partenariat qui permet d’organiser des ateliers pédagogiques avec les élèves de maternelle et de primaire sur l’intérêt de l’alimentation bio.

Des visites d’exploitations agricoles et maraichères sont également prévues. Les membres de l’association accompagneront également les équipes pédagogiques de l’école pour réaliser un jardin bio durant le temps péri scolaire. Il sera exploité directement par les enfants et ses produits seront ensuite proposés dans les menus de la cantine. Concrètement ce partenariat se matérialise par une assistance technique de 10 demi- journées par les membres du CIVAM.

Deux journées seront consacrées également à la formation du personnel. En outre, dans le cadre des contrats éducatifs locaux, une agricultrice vient deux fois par semaine entre 12 h et 13 h 30, le mardi et le jeudi afin d’exploiter et d’entretenir le jardin avec les enfants et les sensibiliser encore plus aux bienfaits de l’alimentation bio.

Grâce à l’excellent travail de veille effectué par le blog Dijon Cantine Bio, je suis tombé sur un vieil article paru sur le site internet Le Goût relatant le travail effectué par le chef Christophe Demangel dans la cuisine du collège Jules Grévy de Poligny dans le Jura.

Les élèves attentifs aux conseils de C.Demangel

Ce chef a mis en place toute une série d’action en vue de réduire le gaspillage alimentaire de ses 540 collégiens. On retiendra quelques idées fortes:

- Inviter les adolescents en cuisine pour les faire participer et leur faire prendre conscience du travail effectué par le personnel de cantine

- Les former au goût par des opérations spéciales

- Mesurer les déchets alimentaires récoltés et en tirer des conclusions quant aux quantités à prévoir par famille de produits.

L’action de ce chef est tellement remarquable que ses “10 commandements d’un chef engagé” ont été publiés sur le site du ministère de  l’agriculture. A noter qu’il recommande dans le 1er commandement l’usage de produits bio et locaux. Mais je tiens à souligner ici les commandements suivants:

- Tu inviteras les adolescents en cuisine

- Tu inviteras des chefs étoilés en cuisine

- Tu deviendras un véritable technicien de la restauration

Ces 3 commandements sous-entendent que le chef travaille dans SA cuisine. Que les plats sont préparés le jour même où ils sont consommés.

Or de plus en plus les cuisines des écoles et des collèges sont fermées par les collectivités locales qui les administrent. Ainsi dans les Hauts de Seine, le conseil général a organisé l’an dernier la fermeture en règle des cuisines des collèges du département afin de concentrer la fabrication des repas dans 2 ‘cuisines’ centrales dont l’une est située à … Evreux.

Ce modèle est hélas encore plus fréquent dans les cantines des écoles primaires où de plus en plus souvent les repas sont confectionnés dans des cuisines centrales.  Dans ces vastes usines à repas, les mets sont confectionnés la veille, mis en basse température, livrés dans les offices le lendemain où ils sont réchauffés avant d’être servis aux enfants. c’est ce que l’on appelle liaison froide. Ces “cuisines” centrales sont dimensionnées pour livrer plusieurs milliers de repas chaque jour à travers la ville voire pour des communes voisines.

Je doute fort que les bonnes pratiques de Mr Demangel puissent être mises toutes en pratique dans de telles usines à repas.

Les raisons d’un tel mouvement de fermeture des cuisines dans les écoles sont essentiellement budgétaires et politiques. Les maires et présidents de conseils généraux ne veulent pas payer pour une nourriture de qualité et se déchargent de leurs responsabilités en confiant la gestion de beaucoup (pas toutes) de ces cuisines centrales à des prestataires privés.

J’en appelle donc au gouvernement et au ministère de l’agriculture (tellement impressionné par l’action de Mr Demangel) de demander aux collectivités locales de stopper la fermeture des cuisines des écoles là où il y en a encore et de ré-ouvrir les cuisines dans les établissements où il n’y en plus. Idéalement il s’agirait d’inscrire dans la loi les 10 commandements de Mr Demangel.

Alors peut-être nos enfants reprendront-ils le goût à la cuisine de la cantine et cesseront de jeter 40% du contenu de leur plateau.

A l’occasion de la semaine internationale du développement durable, la Biocoop d’Issy les Moulineaux (92) en partenariat avec la ville, avait organisé une projection débat autour du film « Comment nourrir l’avenir » ce lundi 2 avril. Réalisé par Kevin Garreau, Le sujet du film montre comment notre surconsommation de protéines d’origine animale met en péril notre santé ainsi que l’environnement. Ce film est très pédagogique car il est nourri d’experts reconnus comme Claude Aubert, Marc Dufumier , Gilles-Eric Séralini et Philippe Desbrosses.

Il rappelle qu’il y a 150 ans, notre nourriture était à base surtout de légumes, céréales, protéines végétales et comportait peu de protéines animales. L’augmentation de la ration carnée est corrélée au développement de l’industrie alimentaire de ces dérivés (produits laitiers, élevage…) ainsi qu’à une image de « statut social ». Or si notre corps a véritablement besoin de protéines animales, nous en consommons bien trop aujourd’hui dans nos pays industrialisés. Nul besoin de rappeler l’explosion des maladies cardiovasculaires et de l’obésité dont est touchée la société dite « développée ».

D’autre part, le film rappelle aussi l’impact environnemental considérable et destructeur d’une industrie d’élevage surdéveloppée :

- champs utilisés pour les céréales des animaux au lieu d’une agriculture vivrière,

- nourriture des herbivores avec des protéines végétales importées (soja) et des céréales importées (le maïs),

- fort impact en gaz à effet de serre dû aux émissions de méthane (4 fois plus mauvais pour l’effet de serre que le CO2) des charmants bovidés durant toute leur vie,

- et enfin l’eau nécessaire à produire toutes ces céréales d’élevage (le maïs est très très gourmand en eau).

Tout nous porte donc à réduire notre ration de viande dans notre alimentation: c’est meilleur pour la santé, pour le porte-monnaie et pour la planète.

Alors par quoi la remplacer ? Simple, redécouvrons les recettes de nos ancêtres et regardons aussi du coté des autres pays qui pratiquent traditionnellement déjà l’association vertueuse de Légumineuse (protéines végétales) + Céréales : en Asie le riz et le soja, en Afrique du Nord le pois chiche et la semoule de blé, en Amérique Latine le haricot noir et le maïs.

Le film rappelle enfin que sans passer au 100% végétarien, si une fois par semaine on remplace la ration de protéines carnées par une ration de protéines végétales, c’est un premier pas bénéfique pour tous et en premier lieu pour la santé.

Dans les cantines, de nombreuses rations de viande sont souvent supérieures aux besoins des enfants, et de nombreuses assiettes repartent avec de beaux restes carnés…Deux fois dommage.

Il faut tordre le cou à ces idées fausses concernant la viande. Elle peut-être remplacée ponctuellement par des protéines végétales et céréales, il ne tient qu’aux parents de le demander aux cantines, alors allons-y !

Ne cherchez pas ce film dans les cinés ni à la télévision, vous pouvez consulter leur calendrier de diffusions ponctuelles sur leur site, ou mieux, faites le venir dans votre ville : « comment nourrir l’avenir ».

Valérie Thobois

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