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La Peep de Rueil-Malmaison organise avec la mairie une conférence-débat le 10 DECEMBRE sur le bio à la Cantine.

Les intervenants sont:

- Claude Aubert, ingénieur agronome, spécialiste de l’alimentation et de l‘agriculture bio

- Lylian Le Goff, médecin environnementaliste

- Nathalie Rison, chargée de mission restauration collective, Agence Bio

- Carole Galissant, responsable nutrition à la Sogeres

- Philippe Durrèche, consultant en restauration collective

- Denis Gabriel, maire-adjoint délégué à l’éducation et à l’enfance

Lieu du débat: 81 rue Bons Raisins, 92500 Rueil-Malmaison à 20H30

Venez nombreux.

Affiche débat bio

Un appel a été lancé par 10 personnalités en faveur d’une grève de la consommation de viande pendant le sommet de Copenhague.

Nous souscrivons à cet appel et vous incitons à aller sur le site d’Eco-Sapiens pour découvrir des statistiques édifiantes sur l’empreinte écologique démesurée de l’industrie de la viande.

La FCPE de l’école Marie Marvingt à Issy Les Moulineaux milite pour une journée sans viande par semaine à la cantine. Elle a lancé un sondage pour vérifier l’opinion des parents d’élèves auquel vous pouvez répondre ici.

Nous avons publié de nombreux articles sur les méfaits de la l’élevage sur l’environnement et nous militons également pour une réduction des quantités de viande servis dans les cantines. Nous avons également écrit sur la journée sans viande qui se déroule chaque année aux Etats-Unis et au Canada.

Faire une journée sans viande est-elle pour autant LA bonne solution? Elle peut l’être dans les cantines où de la viande est servie tous les jours. Cette journée peut avoir une valeur symbolique forte si elle est accompagnée d’explications pédagogiques à l’endroit des enfants et des parents sur le pourquoi de la démarche.

L’inconvénient d’une telle action est qu’elle peut être contournée facilement. Ici à Rueil-Malmaison nous avons du poisson au moins 1 fois par semaine. Donc nous avons déjà notre journée sans viande et aucune action militante n’a été menée. C’est juste une bonne alternance des menus.

Il faudrait alors plutôt parler de journée sans protéines animales. Car après tout il existe également un stress important sur les ressources halieutiques au niveau de la planète.  Aussi se passer de poisson 1 fois de temps en temps ne serait pas une mauvaise idée.

Mais selon nous la meilleure solution pour réduire les volumes de viande consommés dans les cantines consiste à diminuer les quantités servies aux enfants lorsqu’il y a viande au menu. On ferait ainsi d’une pierre 2 coups. Réduire le volume de viande consommé et diminuer les déchets associés. En diminuant graduellement les quantités de viande servies et en les compensant avec des protéines végétales, on habitue progressivement les enfants à moins consommer de viande lors du repas.

Fin de la F1 à Flins

Nous apprenons ce jour sur le site Développementdurable.com l’abandon par la conseil Général des Yvelines du projet de circuit de F1 à Flins. Nous avions combattu ce projet et nous réjouissons de cette décision.

Nous demandons maintenant que les terres “préemptées pour ce projet soient ré-attribuées à l’agriculture biologique, laquelle représente moins de 1 % de la surface agricole d’Ile-de-France”.

Dans un article trouvé sur leur site internet, la FAO (Food and Agricultural Organisation, une agence de l’ONU) nous rappelle quelques vérités élémentaires sur les pesticides. Rédigé pour les enfants cet article va droit au but et ne s’embarrasse pas de langue de bois.

Qu’y apprend-on?

Que les pesticides empoisonnent les terres mais aussi les hommes qui y vivent. La FAO intervient principalement dans les pays en développement. Elle fait donc allusion aux “communautés” dans des pays  où les agriculteurs ne sont pas formés à l’usage des pesticides et en font un suremploi très dangereux pour eux-mêmes et l’environnement.

La FAO prône la protection intégrée des cultures à partir des prédateurs naturels des ravageurs.

La protection intégrée se sert de ces prédateurs naturels pour protéger les cultures. Elle ne supprime pas forcément tout recours aux pesticides, mais le limite au strict minimum. Les pesticides ne sont utilisés que lorsque leur rentabilité est démontrée, et qu’ils n’auront aucun effet nuisible sur la santé de la collectivité et l’environnement.

Que les pesticides n’ont aucun sens économiquement. Ils coûtent plus chers qu’ils ne rapportent.

L’argent supplémentaire tiré des meilleures récoltes engrangées grâce aux pesticides ne réussit pas à couvrir le coût des pesticides!

En conclusion la FAO prône le développement de l’agriculture biologique.

La FAO travaille avec des organisations de recherche et de développement dans le monde entier pour offrir un soutien aux agriculteurs bio. Elle a lancé des projets pilotes pour tester et promouvoir les techniques bio dans plusieurs pays.

Qu’attend-on en France pour montrer l’exemple?

Il va de soi que si l’usage des pesticides est si répandu dans les pays en développement c’est par mimétisme envers le modèle des grands pays agro-industriels occidentaux dont la France fait partie.

Certes en France les agriculteurs se protégent avec des combinaisons étanches lorsqu’ils épandent des pesticides.

En revanche eux aussi sont impactés par le coût croissant des pesticides. Si les agriculteurs manifestent quand leurs revenus baissent c’est parce que leurs dépenses (de pesticides et engrais de synthèses notamment) sont incompressibles.

Comment faire?

Le Danemark peut nous servir d’exemple. Un article trouvé sur Goodplanet.info nous apprend que ce pays a lancé un programme de réduction de l’usage des pesticides dès les années 80 et qu’il a ainsi réduit son usage des pesticides de moitié en 20 ans.

Dans le cadre du comité de pilotage mis en place pour suivre l’introduction des produits bio dans les menus des cantines de Rueil Malmaison, l’ensemble du comité a été invité par la Sogeres à visiter un élevage de poulet bio appartenant à la coopérative de Loué. Nous avons été reçue par Martine Cottin, vétérinaire de la coopérative avec laquelle nous avons visité un élevage et l’usine de fabrication des aliments.

Qu’est-ce que Loué?

Il s’agit d’une coopérative créée en 1958 à l’initiative des éleveurs de poulet de la région de Loué. 3 grandes idées ont présidés à cette création:

- Mise en place d’un cahier des charges d’élevage contraignant

- Un contrôle externe du respect de ce cahier des charges

- Ne mettre en production que ce qui a été vendu

Loué est une IGP (Indication Géographique Protégée): seul des éleveurs travaillant dans ce périmètre géographique sont éligibles à l’appellation et seuls les membres de la coopérative peuvent utiliser l’appellation Poulet de Loué. Ceci distingue l’IGP de l’AOC qui autorise indistinctement tout les producteurs localisé dans l’AOC a bénéficié de l’appellation.

La coopérative regroupe aujourd’hui 1000 éleveurs dont 50 font du bio. Ils élèvent de la Géline de Loué, une espèce locale réputée pour sa rusticité et ne produisent que des poulets Label Rouge ou Bio.

Production 2007: 30m de volailles et 180m d’oeufs

Fonctionnement d’un élevage de poulet de Loué

Les poulets sont élevés par lots de 3000 à 4500 pièces durant 84 jours. Une fois les poulets emmenés à l’abattoir chaque éleveur doit respecter une période de vide sanitaire (lavage, désinfection du poulailler) de 4 semaines avant de recevoir à nouveau des poussins. C’est ainsi qu’un éleveur de Loué ne produit que 3 lots de poulet par an contre 7 pour un éleveur industriel.

Dans le poulailler on trouve 10 poulets/m2 et chaque poulet bénéficie de 4 m2 de terrain en extérieur. C’est une des contraintes du cahier des charges: chaque volaille va dehors tous les jours pour se nourrir et courir.

Chaque poulailler est donc planté d’arbres et de haies pour permettre aux animaux de se repérer. Ainsi la coopérative a-t-elle planté 800 000 arbres et 1500 km de haies contibuant ainsi au maintien du bocage dans cette région du Maine. Elle participe également au maintien d’une biodiversité unique en France.

Les élevages bio

Passer au bio n’est pas un bouleversement total pour l’éleveur de Loué. La seule chose qui change c’est la nourriture. En effet même en élevage Label Rouge l’usage des antibiotiques est très contrôlé. La vétérinaire, Martine Cottin, préfère travailler en isothérapie (soigner le mal par la mal, forme d’auto-vaccin) et homéopathie.

Les aliments proviennent principalement de la région et 95% min des matières premières sont issues de l’agriculture biologique. L’alimentation est certifiée sans OGM, sans antibiotique et sans facteur de croissance. Loué investit fortement dans le développement d’une filière locale de production de céréales bio.

Les terres sur lesquelles vont et viennent les poulets bio sont garanties sans engrais ni pesticides.

Un engagement pour le développement durable

La coopérative investit dans les énergies renouvelables. 20000 m2 de panneaux solaires sont déjà en place et 4 éoliennes vont prochainement être mises en service. L’objectif de la coopérative est d’être autonome en énergie en 2010.

Un commentaire laissé sur le blog nous a permis de rentrer en contact avec Carine Védrenne, conseillère municipale en charge de la cantine municipale de la commune d’Ytrac dans le Cantal.

Elle nous a communiqué les informations suivantes:

Nous servons 180 repas par jour sur les deux cantines de notre commune : une pour chaque école. Nous sommes en liaison chaude puisque les repas sont préparés et servis sur place.

Nos fournisseurs sont en majorité des producteurs bio locaux (maraîchage, laitages, viande, pain). Le choix de passer en cantine 100% bio quasi quotidiennement s’est fait sans aucune incidence sur le prix des tickets de cantine.

Nous avons encore du mal en ce qui concerne la viande car nos producteurs locaux ont des difficultés à nous fournir tous les jours. Nous démarchons d’autres producteurs cantaliens pour arriver à combler nos manques. Nous sommes également en réflexion sur quelques repas végétariens pour compenser.

Nous publions aussi les menus du mois d’octobre.

Un article du Midi-Libre nous apprend que Le lycée aquacole Louis-Pasteur de La Canourgue (150 à 180 lycéens) a introduit entre 20 & 25% de produits bio dans ses menus. Ce lycée est spécialisé, depuis une vingtaine d’années, dans l’aquaculture et dispose de sa propre pisciculture de salmonidés qui produit 20 tonnes par an.

On peut relevé cette phrase de l’intendant, Michel cuartero, à l’origine de l’introduction du bio dans ce lycée:

« ….on a aussi supprimé le goûter que l’on servait traditionnellement dans les lycées agricoles. Avec l’aide d’une diététicienne, on a aussi réduit les portions, car on sert souvent trop dans les cantines. Au final, il y a moins de déchets et cela améliore le coût ! »

Il serait intéressant de savoir s’il a pu réduire les portions tout en respectant les recommandations du GEMRCN…

Halte au diktat du GEMRCN

Dans les cantines scolaires les quantités de nourriture qui sont préparées et servies aux enfants sont régies par les fameuses recommandations du GEMRCN, le Groupe d’Etude des Marchés de Restauration Collective et de Nutrition.

Son outil est la RECOMMANDATION RELATIVE A LA NUTRITION du 4 mai 2007 que vous pourrez télécharger en fin d’article. Ce document couvre tous les aspects de la nutrition et  les besoins de toutes les populations concernées par la restauration collective: crèches, écoles maternelles et primaires ainsi que personnes agées.

Il est à noter qu’il s’adresse uniquement à l’acheteur publique afin de l’aider “à élaborer le cahier des charges de leurs contrats de restauration collective”. Au passage on se demande pourquoi il ne s’adresse pas également à la restauration collective privée.

Ce document a été élaboré suite au constat de la montée de l’obésité dans la population française et notamment chez les enfants. Ses préconisations en matière d’objectifs nutritionnels sont imparables et on ne peut que recommander leur application dans toutes les cantines scolaires.

Les objectifs nutritionnels généraux visés par les présentes recommandations sont les suivants:
. augmenter la consommation de fruits, de légumes et de féculents ;
. diminuer les apports lipidiques, et rééquilibrer la consommation d’ acides gras ;
.diminuer la consommation de glucides simples ajoutés;
. augmenter les apports de fer ;
. augmenter les apports calciques.

Là par contre où le bât blesse c’est quand le document va jusqu’à faire des recommandations en matière de grammage à servir dans les assiettes. Certes les chiffres sont modulés en fonction de l’âge des enfants ou plus exactement en fonction du niveau scolaire. Mais chacun sait que chaque enfant a ses propres besoins alimentaires et que deux enfants du même âge peuvent avoir des besoins quantitatifs très différents. Enfin le fait qu’en enfant mange moins que son voisin ne signifie pas nécessairement qu’il se nourrit insuffisamment.

D’ailleurs toutes les dames de service dans les cantines le disent. Elles connaissant bien les enfants et adaptent le plus possible les quantités qu’elles servent en fonction de la demande de l’enfant.

Malgré cela les recommandations du GEMRCN en matière de grammage font force de loi et beaucoup de gestionnaires de cantines scolaires les appliquent à la lettre sans se poser de questions.

Les conséquences d’une telle politique sont aberrantes puisqu’elles conduisent à générer des tonnes de déchets  alimentaires non consommés par les enfants.

Le comble de l’absurde a failli être atteint cette année quand ces recommandations ont failli être coulées dans le bronze de la loi. Heureusement il n’en a rien été comme l’indique ce document administratif émis par la préfecture de la région Poitou Charente.

Donc contrairement à ce qu’affirme de nombreux gestionnaires de cantines scolaires les grammages individuels du GEMRCN ne sont qu’indicatifs et il convient de lutter pour qu’elles le restent, indicatives.

Ensuite il sera temps de revoir les quantités au niveau global de la cantine afin de diminuer les déchets alimentaires et leur impact sur l’environnement.

A télécharger: RECOMMANDATION RELATIVE A LA NUTRITION du 4 mai 2007 – GEMRCN

Nous publions ici le compte-rendu de d’une conférence donnée le 9 novembre dernier lors du salon Marjolaine. Merci à Valérie Thobois pour son texte.

Contrairement aux idées reçues, l’Ile de France est un immense territoire agricole (50% du territoire est agricole), et pourtant il reste bien en deçà des normes nationales pour les Surfaces Agricoles Utiles (SAU) dédiées au bio (0,8% vs 2% en moyenne française) soient 84 exploitations d’un total de 4400 ha en 2008.

Pourtant ce n’est pas la demande des consommateurs qui manque. Les chiffres des ventes de produits bio montrent une croissance annuelle de 10% depuis 1990, voir de +25% en 2008, alors que le reste du marché alimentaire est sur une croissance de 3,6%. Et les acheteurs franciliens sont encore plus consommateurs que le reste des français*. 5000 personnes sont actuellement en liste d’attentes pour entrer dans des AMAP. La demande est donc bien là, alors pourquoi le pourcentage de terres agricoles bio augmente-t-il si faiblement ? On peut distinguer plusieurs raisons à ce phénomène.
Raisons structurelles de l’agriculture francilienne

C’est une région très céréalière, d’agriculture intensive, donc peu encline à passer au bio. En effet la bio est plus facilement envisageable à court terme sur de l’agriculture maraîchère.

Raisons politiques :

L’ambivalence du gouvernement actuel à l’origine du Grenelle de l’environnement mais dont certains membres soutiennent la création d’un circuit de F1 sur des terres agricoles destinées à la bio.

Raisons financières :

-Le coût du foncier est très élevé en Île de France donc acquérir des terres et les convertir au bio nécessite un investissement de départ élevé.

-le coût de main d’œuvre est plus élevé en Île de France et l’agriculture bio nécessite plus de main d’œuvre.

Raisons pratiques et culturelles:

- Pas assez de formation à l’agriculture bio, or cette agriculture, loin d’être limitée aux remèdes de grand-mère, doit faire l’objet d’un véritable apprentissage technique.

Les nouveaux exploitants bios doivent être accompagnés.

-Pas assez d’aide à la conversion de terres conventionnelles en bio. Or un agriculteur conventionnel qui passe en bio, doit réapprendre d’autres méthodes de travail que celles qu’il a toujours pratiqué. Là encore un accompagnement est nécessaire.

-Beaucoup d’agriculteurs sont rebutés par ce changement radical d’habitudes.

-Beaucoup d’à-priori négatifs sur la bio traînent encore dans les esprits : « c’est un truc d’écolos », « ce n’est pas viable économiquement ». Or ces idées reçues sont dépassées, les exploitations bios peuvent avoir un modèle économique durable, en Ile de France les exploitations bios sont aussi rentables que les conventionnelles.

-Enfin, les agriculteurs conventionnels ont peur de quitter un réseau de professionnels qui risque de leurs tourner le dos, de les décrier. Ils doivent reconstituer un réseau nouveau nécessaire pour l’échange de bonnes pratiques en complément de leur formation.

Face à ce constat, certains acteurs locaux comme le Conseil Régional, le Groupement des Agriculteurs Bios (GAB) et l’association Terre de liens, s’engagent pour améliorer ce pourcentage de SAU en bio. L’objectif de Terre de liens est de rassembler de l’épargne solidaire pour acheter des terres destinées au bio. Il se développe notamment une sorte de pépinière d’agriculteurs bios en Seine et Marne. Une prochaine collecte de fonds est prévue prochainement. La précédente leur a rapporté 4,5Millions d’euros. Malgré tout quand on sait que le coût d’acquisition d’une ferme en IdF est d’en moyenne 500 000 à 1 million d’euros (contre 150 000 euros en moyenne au niveau national)…on voit que cette action atteint vite ses limites.

Le GAB IdF propose également un partenariat dans le cadre d’un Programme d’Action Régionale Concertée (PARC bio) financée par le Conseil Régional. A travers ce partenariat le GAB accompagne des agriculteurs bio et les aide à trouver de nouveaux circuits de distribution. Il existe également un programme de rencontre avec des agriculteurs conventionnels pour leur donner envie de passer à la bio.

En résumé, des actions sont faites face à cette demande croissante du marché, mais le principal levier resterait un engagement fort  du gouvernement en faveur de l’agriculture biologique, engagement qui se fait attendre malgré les déclarations encourageantes du Grenelle.

Valérie Thobois

*source agence bio baromètre CSA 2008

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