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La Peep de Rueil-Malmaison organise avec la mairie une conférence-débat le 10 DECEMBRE sur le bio à la Cantine.

Les intervenants sont:

- Claude Aubert, ingénieur agronome, spécialiste de l’alimentation et de l‘agriculture bio

- Lylian Le Goff, médecin environnementaliste

- Nathalie Rison, chargée de mission restauration collective, Agence Bio

- Carole Galissant, responsable nutrition à la Sogeres

- Philippe Durrèche, consultant en restauration collective

- Denis Gabriel, maire-adjoint délégué à l’éducation et à l’enfance

Lieu du débat: 81 rue Bons Raisins, 92500 Rueil-Malmaison à 20H30

Venez nombreux.

Affiche débat bio

Un article du Midi-Libre nous apprend que Le lycée aquacole Louis-Pasteur de La Canourgue (150 à 180 lycéens) a introduit entre 20 & 25% de produits bio dans ses menus. Ce lycée est spécialisé, depuis une vingtaine d’années, dans l’aquaculture et dispose de sa propre pisciculture de salmonidés qui produit 20 tonnes par an.

On peut relevé cette phrase de l’intendant, Michel cuartero, à l’origine de l’introduction du bio dans ce lycée:

« ….on a aussi supprimé le goûter que l’on servait traditionnellement dans les lycées agricoles. Avec l’aide d’une diététicienne, on a aussi réduit les portions, car on sert souvent trop dans les cantines. Au final, il y a moins de déchets et cela améliore le coût ! »

Il serait intéressant de savoir s’il a pu réduire les portions tout en respectant les recommandations du GEMRCN…

Halte au diktat du GEMRCN

Dans les cantines scolaires les quantités de nourriture qui sont préparées et servies aux enfants sont régies par les fameuses recommandations du GEMRCN, le Groupe d’Etude des Marchés de Restauration Collective et de Nutrition.

Son outil est la RECOMMANDATION RELATIVE A LA NUTRITION du 4 mai 2007 que vous pourrez télécharger en fin d’article. Ce document couvre tous les aspects de la nutrition et  les besoins de toutes les populations concernées par la restauration collective: crèches, écoles maternelles et primaires ainsi que personnes agées.

Il est à noter qu’il s’adresse uniquement à l’acheteur publique afin de l’aider “à élaborer le cahier des charges de leurs contrats de restauration collective”. Au passage on se demande pourquoi il ne s’adresse pas également à la restauration collective privée.

Ce document a été élaboré suite au constat de la montée de l’obésité dans la population française et notamment chez les enfants. Ses préconisations en matière d’objectifs nutritionnels sont imparables et on ne peut que recommander leur application dans toutes les cantines scolaires.

Les objectifs nutritionnels généraux visés par les présentes recommandations sont les suivants:
. augmenter la consommation de fruits, de légumes et de féculents ;
. diminuer les apports lipidiques, et rééquilibrer la consommation d’ acides gras ;
.diminuer la consommation de glucides simples ajoutés;
. augmenter les apports de fer ;
. augmenter les apports calciques.

Là par contre où le bât blesse c’est quand le document va jusqu’à faire des recommandations en matière de grammage à servir dans les assiettes. Certes les chiffres sont modulés en fonction de l’âge des enfants ou plus exactement en fonction du niveau scolaire. Mais chacun sait que chaque enfant a ses propres besoins alimentaires et que deux enfants du même âge peuvent avoir des besoins quantitatifs très différents. Enfin le fait qu’en enfant mange moins que son voisin ne signifie pas nécessairement qu’il se nourrit insuffisamment.

D’ailleurs toutes les dames de service dans les cantines le disent. Elles connaissant bien les enfants et adaptent le plus possible les quantités qu’elles servent en fonction de la demande de l’enfant.

Malgré cela les recommandations du GEMRCN en matière de grammage font force de loi et beaucoup de gestionnaires de cantines scolaires les appliquent à la lettre sans se poser de questions.

Les conséquences d’une telle politique sont aberrantes puisqu’elles conduisent à générer des tonnes de déchets  alimentaires non consommés par les enfants.

Le comble de l’absurde a failli être atteint cette année quand ces recommandations ont failli être coulées dans le bronze de la loi. Heureusement il n’en a rien été comme l’indique ce document administratif émis par la préfecture de la région Poitou Charente.

Donc contrairement à ce qu’affirme de nombreux gestionnaires de cantines scolaires les grammages individuels du GEMRCN ne sont qu’indicatifs et il convient de lutter pour qu’elles le restent, indicatives.

Ensuite il sera temps de revoir les quantités au niveau global de la cantine afin de diminuer les déchets alimentaires et leur impact sur l’environnement.

A télécharger: RECOMMANDATION RELATIVE A LA NUTRITION du 4 mai 2007 – GEMRCN

Nous publions ici le compte-rendu de d’une conférence donnée le 9 novembre dernier lors du salon Marjolaine. Merci à Valérie Thobois pour son texte.

Contrairement aux idées reçues, l’Ile de France est un immense territoire agricole (50% du territoire est agricole), et pourtant il reste bien en deçà des normes nationales pour les Surfaces Agricoles Utiles (SAU) dédiées au bio (0,8% vs 2% en moyenne française) soient 84 exploitations d’un total de 4400 ha en 2008.

Pourtant ce n’est pas la demande des consommateurs qui manque. Les chiffres des ventes de produits bio montrent une croissance annuelle de 10% depuis 1990, voir de +25% en 2008, alors que le reste du marché alimentaire est sur une croissance de 3,6%. Et les acheteurs franciliens sont encore plus consommateurs que le reste des français*. 5000 personnes sont actuellement en liste d’attentes pour entrer dans des AMAP. La demande est donc bien là, alors pourquoi le pourcentage de terres agricoles bio augmente-t-il si faiblement ? On peut distinguer plusieurs raisons à ce phénomène.
Raisons structurelles de l’agriculture francilienne

C’est une région très céréalière, d’agriculture intensive, donc peu encline à passer au bio. En effet la bio est plus facilement envisageable à court terme sur de l’agriculture maraîchère.

Raisons politiques :

L’ambivalence du gouvernement actuel à l’origine du Grenelle de l’environnement mais dont certains membres soutiennent la création d’un circuit de F1 sur des terres agricoles destinées à la bio.

Raisons financières :

-Le coût du foncier est très élevé en Île de France donc acquérir des terres et les convertir au bio nécessite un investissement de départ élevé.

-le coût de main d’œuvre est plus élevé en Île de France et l’agriculture bio nécessite plus de main d’œuvre.

Raisons pratiques et culturelles:

- Pas assez de formation à l’agriculture bio, or cette agriculture, loin d’être limitée aux remèdes de grand-mère, doit faire l’objet d’un véritable apprentissage technique.

Les nouveaux exploitants bios doivent être accompagnés.

-Pas assez d’aide à la conversion de terres conventionnelles en bio. Or un agriculteur conventionnel qui passe en bio, doit réapprendre d’autres méthodes de travail que celles qu’il a toujours pratiqué. Là encore un accompagnement est nécessaire.

-Beaucoup d’agriculteurs sont rebutés par ce changement radical d’habitudes.

-Beaucoup d’à-priori négatifs sur la bio traînent encore dans les esprits : « c’est un truc d’écolos », « ce n’est pas viable économiquement ». Or ces idées reçues sont dépassées, les exploitations bios peuvent avoir un modèle économique durable, en Ile de France les exploitations bios sont aussi rentables que les conventionnelles.

-Enfin, les agriculteurs conventionnels ont peur de quitter un réseau de professionnels qui risque de leurs tourner le dos, de les décrier. Ils doivent reconstituer un réseau nouveau nécessaire pour l’échange de bonnes pratiques en complément de leur formation.

Face à ce constat, certains acteurs locaux comme le Conseil Régional, le Groupement des Agriculteurs Bios (GAB) et l’association Terre de liens, s’engagent pour améliorer ce pourcentage de SAU en bio. L’objectif de Terre de liens est de rassembler de l’épargne solidaire pour acheter des terres destinées au bio. Il se développe notamment une sorte de pépinière d’agriculteurs bios en Seine et Marne. Une prochaine collecte de fonds est prévue prochainement. La précédente leur a rapporté 4,5Millions d’euros. Malgré tout quand on sait que le coût d’acquisition d’une ferme en IdF est d’en moyenne 500 000 à 1 million d’euros (contre 150 000 euros en moyenne au niveau national)…on voit que cette action atteint vite ses limites.

Le GAB IdF propose également un partenariat dans le cadre d’un Programme d’Action Régionale Concertée (PARC bio) financée par le Conseil Régional. A travers ce partenariat le GAB accompagne des agriculteurs bio et les aide à trouver de nouveaux circuits de distribution. Il existe également un programme de rencontre avec des agriculteurs conventionnels pour leur donner envie de passer à la bio.

En résumé, des actions sont faites face à cette demande croissante du marché, mais le principal levier resterait un engagement fort  du gouvernement en faveur de l’agriculture biologique, engagement qui se fait attendre malgré les déclarations encourageantes du Grenelle.

Valérie Thobois

*source agence bio baromètre CSA 2008

J’ai (enfin!) vu ‘Nos enfants nous accuseront’, le film de Jean-Paul Jaud sorti il y a exactement 1 an. affiche nos enfants nous accuseront

Ce qui m’a frappé dans ce film c’est de voir comment le projet d’introduction du bio dans les cantines de Barjac a été repris par les maîtresses de l’école publique pour le transformer en sujet pédagogique. Ainsi parallèlement à l’introduction de produits bio dans les menus, il y a eu création d’un potager où les enfants se rendent régulièrement pour y faire pousser des légumes. Légumes qui se retrouvent ensuite dans leur assiette.

On constate dans le film qu’il n’y a pas de barrière entre le temps pédagogique et le temps de cantine. Le projet pédagogique du potager conduit par le personnel enseignant accompagne et complète le projet d’introduction de produits bio à la cantine conduit par la mairie.

Or cette interaction, cette synergie, entre temps éducatif et temps de restauration ne se retrouve absolument pas dans nos écoles ici à Rueil Malmaison. Quand la cloche sonne à 11H30 les enfants quittent littéralement  l’éducation nationale pour rentrer dans un espace-temps consacré exclusivement à la restauration et au gardiennage. D’ailleurs le personnel enseignant ne déjeune pas à la cantine et l’encadrement (devrais-je dire le gardiennage?) des enfants est confié à du personnel vacataire embauché par la mairie; dont le projet éducatif (quand il existe) est parfois très léger…

Et en effet la législation en matière d’encadrement du temps de cantine est très claire:

extrait regletmt cantine

Or introduire le bio à la cantine n’est pas une démarche anodine, de simple  substitution de produits non-bio par des des produits bio. A Ma Cantine Bio nous croyons qu’introduire du bio dans les menus passent par un travail d’éducation des enfants, de prise de conscience des conséquences environnementales qu’une telle initiative génère. Ce que l’on pourrait appeler pompeusement une éducation à l’environnement.

Certes on pourrait laisser ce travail aux mairies et aux entreprises de restauration collective, ce qu’elles font quand on le leur demande. Mais est-ce vraiment la vocation de ces entreprises de mener ce travail éducatif?  On risquerait également de voir se développer une grande inégalité de traitement du sujet entre communes où ce travail est mené et celle où il n’est pas.

Notre proposition est donc de réintroduire le temps de cantine dans le temps éducatif, sous la responsabilité de l’Education Nationale. Ce temps pourrait alors être consacré à l’entretien du potager, à l’éducation au goût et d’une façon générale aux questions environnementales.

Grâce au film de Jean-Paul Jaud, Nos enfants nous accuseront, la commune de Barjac est apparue sur le radar d’un chercheur-enseignant japonais. Ainsi lorsque ce dernier est venu faire des travaux de recherche à Marseille il s’est naturellement rendu à Barjac et a rencontré son maire emblématique, Edouard Chaulet.

Cette rencontre, rapportée par le Midi-Libre dans son édition du 6 novembre, nous montre que les problèmes d’alimentation et de rapport à la terre sont des sujets universels. Il montre également qu’un nouveau modèle peut émerger en France et se substituer à l’actuel paradigme d’une agriculture toujours plus intensive et d’une alimentation toujours plus industrielle.

C’est ce nouveau modèle de développement agricole et alimentaire que nous prônons à travers l’introduction massive du bio à la cantine.

Je reçois régulièrement des demandes de parent d’élève qui souhaitent sonder leurs congénères et/ou leurs élus sur le bio à la cantine. J’ai donc le plaisir de mettre en téléchargement les 2 questionnaires qui m’ont été envoyés à ce jour.

J’en profite pour remercier Valérie Thobois (PEEP Rueil Malmaison) et Sandra Filipovic (FCPE Issy les Moulineaux) de m’avoir communiqué leurs documents.

N’hésitez pas à en faire une synthèse le cas échéant et à me renvoyer votre questionnaire (éventuellement avec les résultats) et je serai ravi de les publier.

QUESTIONNAIRE cantine bio Rueil Malmaison

Questionnaire cantine bio Issy

Sondage cantine bio Issy 2

Lé Kalou est un jardin d’enfant situé à Sainte Clotilde sur l’Île de la Réunion. Son projet pédagogique est passionnant notamment par l’importance qu’il accorde à l’éveil gustatif par l’intermédiaire de produits essentiellement bio.

Eduquer le goût dans le cadre d’un éveil culturel avec des principes écologiques

L’éveil gustatif demeure un des piliers importants ; il est le reflet de nos pratiques familiales sociales et culturelles.

Dans cet esprit, « Lé Kalou » souhaite donc contribuer à l’éveil du goût des aliments naturels chez le jeune enfant. En effet, il nous semble important de revenir à des petits déjeuners à base de jus de fruits frais à des « goûters lontan »,à une nourriture plus saine par l’utilisation le plus souvent possible des produits biologiques à travers les menus qui leur sont proposés. .

Cette approche nutritionnelle viserait d’une part, à faire découvrir à l’enfant de façon gustative une partie du patrimoine culturel de la Réunion et d’autre part à provoquer chez l’enfant des nouvelles émotions gustatives tout en les faisant bénéficier de toute la valeur nutritionnelle contenue dans les aliments (produits alimentaires bio).

La cuisinière a été sensibilisée à la préparation des repas essentiellement biologiques et à la mise en valeur gustative de ces produits pour stimuler les autres sens (visuels et olfactifs).

Il semble qu’en métropole on a oublié que l’alimentation est une composante fondamentale de notre culture et qu’elle devrait partie intégrante de l’éducation notamment en crèche et à l’école.  Gérer une cantine ne peut donc se limiter comme c’est souvent le cas aujourd’hui à délivrer des menus dont la composition est principalement dictée par des critères sanitaires et financiers.

Nous avons communiqué récemment sur quelques expériences de compostage menées récemment en milieu scolaire. Nous avons enquêté sur celle menée à Charenton par Avenance avec une association, Worgamic. Il s’avère que cette expérience a duré quelques mois et s’est interrompue.

La raison est assez aisée à comprendre: la gestion des déchets n’est pas de la responsabilité de la société de restauration collective concernée. Cela reste de la responsabilité de la commune comme la gestion de l’ensemble des déchets d’ailleurs. Ce qui est probablement mieux ainsi. Après tout ne collecter que les bio-déchets de cantine n’aurait pas grand sens logistiquement et économiquement.

En revanche mettre en place une filière de collecte et de valorisation des déchets organique de cantine demande que le tri de ces déchets soit fait en amont. Et là la collaboration de la société de restauration collective peut être plus facilement mobilisée. Il lui serait en effet aisé de mettre en place 2 poubelles à l’entrée des cuisines pour permettre aux enfants de séparer les déchets fermentescibles des autres (en l’occurrence quasi exclusivement des pots de yaourts). Au passage faire trier les déchets par les enfants permettra de mettre en place des campagnes de sensibilisation au gaspillage et donc d’agir pour que ces déchets diminuent. Mais nous y reviendrons.

On constate donc que la véritable difficulté réside dans la mise en place de la filière de collecte et de valorisation. Car une fois celle-ci définie et mise en place, organiser le tri en cantine sera beaucoup plus simple.

C’est donc bien aux communes de s’emparer de ce sujet, de mettre en place la collecte et la valorisation et ensuite de demander aux personnels de cantine d’organiser le tri en amont.

 

Je reçois de nombreux messages de parents d’élèves qui s’impliquent dans la promotion du bio à la cantine. Ces parents d’élèves viennent indifféremment de la FCPE ou de la PEEP, les 2 grandes fédérations de parents d’élèves. Pour autant les fédérations ne se sont pas exprimées (à ma connissance) sur ce sujet.  J’ai donc envoyé il y a environ 3 semaines le message suivant aux deux fédérations nationales pour qu’elles se prononcent sur le sujet.  Je communiquerai bien évidemment les réponses quand elles me parviendront.

Suite au Grenelle de l’environnement, le gouvernement souhaite développer l’agriculture biologique. A cette fin le Premier Ministre a publié une circulaire 2 mai 2008 relative à l’exemplarité de l’Etat en matière d’utilisation de produits issus de l’agriculture biologique dans la restauration collective.
Cette circulaire fixe comme objectif d’introduire 15 % de denrées issues de l’agriculture biologique dans les menus des établissements de restauration collective dépendant de l’Etat en 2010 et d’atteindre 20 % en 2012.

A Ma Cantine Bio nous encourageons les communes à faire de même et à introduire 20% de produits bio dans les menus des cantines scolaires d’ici 2012. La PEEP/FCPE soutient-elle cette action et encourage-t-elle ses membres à exiger plus de bio dans les cantines scolaires?

Dans l’attente de votre réponse,

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